Jean-Emmanuel Depraz à la conquête des Worlds

La vingt-sixième édition des Worlds individuels de Magic s’est tenue à Honolulu, Hawaii (!) le week-end dernier et… j’y étais. Pour le nouveau pro que je suis, ce simple fait a déjà quelque chose d’incroyable. Qualifié suite à ma défaite en finale du MC V contre Javier Dominguez (qui lui était déjà invité, d’où le transfert), j’étais déterminé à tirer le maximum de cette chance peut-être unique, et malgré un ensemble de circonstances défavorables que je décrirai par la suite, j’ai tout de même réussi à me hisser dans le top8 !

Wizards of the Coast a pour une fois assuré une promotion colossale à l’événement, et si vous ne l’avez pas suivi, je ne peux que vous inviter à en revisionner le coverage, que ce soit l’officiel dans les diffusions passées de la chaîne Magic ou sa version française par https://www.twitch.tv/val_pl_magicarenafr/. Val et PL étaient accompagnés vendredi par Thierry Ramboa et samedi par Louis-Samuel Deltour, pour un commentaire de qualité, tandis que Raphaël Levy, lui-même participant au tournoi, a pris la relève en direct dimanche avec quelques caméos d’autres compétiteurs.

Pour ma part, je voulais vous faire un retour sur comment j’ai vécu le tournoi de l’intérieur, ce que je pense de sa structure inédite, mais aussi sur les decks que j’ai joués en draft et en standard.

Considérez ça comme une récompense supplémentaire pour m’avoir choisi comme champion. Si vous ne l’avez pas fait, je vous pardonne (et l’histoire vous a donné raison). 

Si vous n’avez aucune idée de ce dont je parle, je suis déception – mais vivant moi-même dans une grotte, je ne peux pas vous en vouloir.

Une structure cryptique

Le Magic World Championship XXVI rassemblait les 16 “meilleurs” joueurs de la saison 2019, dont 12 membres de la Magic Pro League et 4 Rivals. Le prize pool total d’un million de dollars s’étendait jusqu’à la dernière place et le voyage à Honolulu était pris en charge par WotC, d’où un grand confort financier pour tous les participants quel que soit leur résultat. L’hôtel, ridiculement luxueux, avait vue sur la plage attenante de Waikiki, nous avons reçu sur place des boîtes du nouveau produit Secret Lair, divers accessoires – tapis, serviette de plage au logo des Worlds, crème solaire et j’en passe – et été invités à un… banquet le jeudi soir, avec tout un spectacle traditionnel retraçant l’histoire de Hawaii, dont une troupe de danseuses et danseurs de hula et un type à vous faire sortir les yeux de leurs orbites (surtout si vous étiez par hasard au premier rang) qui jonglait beaucoup trop vite avec des torches enflammées.

La grande classe, quoi. Je n’avais jamais été autant dorloté. Difficile d’émettre la moindre critique après ça. 

Toutefois, j’aurais volontiers échangé nombre de ces cadeaux pour une meilleure structure de tournoi.

Celle-ci a été copieusement débattue sur Twitter et il semble que personne (moi inclus) n’en avait saisi d’avance toutes les implications. Il faut dire qu’elle était compliquée, aussi vais-je faire de mon mieux, probablement insuffisant en l’occurrence, pour la simplifier. Le tournoi se divisait en quatre phases :

  1. Un draft Theros Beyond Death. Les joueurs avec des scores de 2-0 (ils ne jouaient alors pas la ronde 3) ou 2-1 passaient en phase 2 dans le Winners Group, les autres dans l’Elimination Group.
  2. Une première phase de Standard, seul format dorénavant, en trois matchs maximum. 2-0 ou 2-1 ici autorisait le passage en phase 3, et les quatre membres du Winners Group à réaliser ces scores atteignaient directement le top8 du tournoi. Dans l’Elimination Group, les joueurs à 0-2 / 1-2 sortaient, tandis que les huit restants (quatre meilleurs de l’EG et quatre moins bons du WG) se retrouvaient dans un pool intermédiaire en début de phase 3 pour s’affronter en vue du top8.
  3. [Jour 2] Encore trois matchs disputés par ces huit joueurs du “ventre mou” pour le passage en top 8 ou l’élimination. Puis le top8 commençait, divisé en deux brackets. Les membres du WG passés directement en top8 depuis la phase 2 constituaient le bracket supérieur, les autres l’inférieur. Le bracket supérieur progressait en double élimination, donc avec une seconde chance dans le bracket inférieur en cas de défaite, là où l’autre forçait à gagner tous ses matchs. Les matchs du bracket inférieur se jouaient en Bo3 de Bo3, soit jusqu’à neuf games de Magic à chaque ronde…
  4. [Jour 3] Le top4, joué le dimanche, prolongeait cette même structure (mais ils l’avaient séparé en une phase 4, certainement à des fins de confusion). La finale opposait le vainqueur du bracket supérieur, qui avait deux matchs à gagner pour devenir le grand champion, et son homologue remonté du bracket inférieur qui devait en remporter trois.

Vous l’aurez compris… ou pas du tout, en fait, mais je vais vous le dire, cette structure avantageait énormément les joueurs du (bien nommé) Winners Group. En ayant émergé à 1-2 du draft, même si on se rattrapait en construit ensuite, on n’avait en début de phase 3 qu’1% de chance environ de gagner le tournoi (en considérant un winrate de 50% pour chaque joueur), contre 23% pour ceux qui avaient fait des scores positifs aux phases 1 et 2. En d’autres termes, l’importance des quelques rondes de draft était totalement disproportionnée. Une simple mana full en ronde 3 du draft, comme celle qu’a subi Piotr Glogowski en caméra, suffisait à vous faire perdre 22% de chances d’aller au bout ! Or on sait que, du fait d’une relative inconsistance des decks, ces problèmes sont plus fréquents en limité qu’en construit.

L’objectif double annoncé par WotC était que chaque match compte et de ne pas avoir recours aux tiebreakers pour le passage d’une phase à une autre. Cette structure le garantit et, que ce soit lié ou pas, le tournoi a attiré de nombreux spectateurs. Par ailleurs, je ne suis pas habituellement du genre à rechigner quand on donne, même artificiellement, de l’importance au limité. Mais faire peser autant sur un si petit nombre de rondes nuit à l’intégrité du dispositif. Pour un même équilibre entre draft et construit, il aurait été préférable de dédoubler le draft, supprimant ainsi certaines des étapes laborieuses que les perdants de la première heure devaient se coltiner. Evidemment, comme Magic Arena ne supporte pas le draft en pods, cette solution aurait généré d’autres soucis logistiques… N’importe comment, il n’est pas raisonnable qu’une seule ronde puisse peser davantage sur le résultat final que deux à trois autres disputées plus tard.

Un autre aspect de cette structure qui devrait nous interpeller est la fatigue qu’elle accumule sur les joueurs du bracket inférieur, contraints non seulement à gagner plus de matchs pour avancer, mais à jouer un nombre de games jamais vu auparavant. Pour rappel, les matchs du bracket inférieur du top8 avaient lieu en Bo3 de Bo3, c’est à dire qu’on jouait un premier match en deux manches gagnantes, suivi d’un deuxième et, en cas d’alternance des victoires, d’un troisième.

Une pause entre les matchs était heureusement autorisée. Il n’empêche que Marcio Carvalho, qui sortait d’un match de plus d’une heure contre Seth Manfield, a enchaîné avec près de trois heures contre PVDDR dans la grande finale ; et si Gabriel Nassif l’avait précédemment emporté contre Seth, il aurait pu avoir à jouer en caméra, sous haute pression, jusqu’à SIX HEURES d’affilée de matchs à gros enjeux – là où PV n’aurait jamais dépassé les trois.

Ces durées ne me paraissent pas problématiques en soi, Magic ayant toujours testé entre autres l’endurance de ses joueurs, mais de tels écarts ne sont pas souhaitables. Inévitablement, celui qui a dû rester concentré plusieurs heures de plus que son adversaire finira par craquer sous la pression et la fatigue combinées ; et c’est ce à quoi on a d’ailleurs assisté avec le keep de Marcio qui lui coûte la toute dernière game. La main était horrible, et lui visiblement à bout de nerfs. Il ne s’agit pas de remettre en question la victoire bien méritée de PV, mais de s’interroger sur les quelques facteurs qui ont pu faire obstacle à une plus belle conclusion.

Un draft artistique

Bon, passons à mon tournoi.

Ah non, pardon, petite diatribe sur le draft avant ça x)

Suite aux insuffisances de Magic Arena, nous avions drafté en papier la veille, avant de lister nos decks afin qu’ils soient recréés sur le soft. Une solution de fortune qui a valu une game loss à Andrea Mengucci pour erreur de decklist, mais somme toute acceptable : cette pénalité s’est toujours appliquée à tout événement papier. Plus surprenant, le draft n’était pas timé ! Avec les MKM Series, cela fait deux fois en une semaine que je drafte en compétitif sans timer ; à se demander s’il est bien judicieux de s’entraîner en conditions supposément “réelles”… Ils voulaient couvrir le draft au mieux, ça je le comprends, en profitant de la rediffusion pour faire un travail de montage, mais le résultat ne me semble pas justifier le processus. Notre draft n’avait rien de fluide, constamment interrompu par des sollicitations extérieures : impossible de se mettre dans la “zone”. Imaginez jouer un match compétitif de Magic avec des spectateurs qui vous arrêtent toutes les 30 secondes pour prendre une photo du board… Quant au rendu final, je l’ai trouvé décevant et pas très respectueux de la beauté du format. La deuxième partie de chaque booster, souvent plus importante que la première en termes de signaux, était coupée pour passer directement à une vue d’ensemble, on ne pouvait suivre le draft que d’un seul joueur par pod… J’aurais espéré que, quitte à interférer avec une partie aussi cruciale du tournoi, l’expérience spectateur soit à la hauteur du sacrifice. Sans forcément montrer plusieurs drafts sur le direct, ils auraient pu donner accès à un tableau détaillant les phases de pick afin que chacun puisse suivre l’évolution de son champion. Dans mon souvenir, cela s’était déjà fait au Pro Tour.

Mon pod est le plus facile des deux – pour autant que ça signifie quelque chose. A ma droite, Chris Kvartek, dont l’expérience en limité n’avait rien d’évident, à ma gauche Javier Dominguez, qui a essentiellement performé en construit. Ce dernier était le featured drafter, donc vous pouvez indirectement deviner certains de mes picks ici : https://www.twitch.tv/videos/551921757?t=01h30m17s

Je first picke Banishing Light au-dessus de Nyx Herald et d’un Bronzehide Lion trop coloré à mon goût, puis on me passe Mire’s Grasp et Blight-Breath Catoblepas, deux des meilleures communes noires. P1P4, influencé par la synergie avec mes first picks et l’ouverture apparente du noir, je prends Acolyte of Affliction au-dessus de Renata. Plus tard, je vois une Ichtyomorphosis et un Skophos Warleader et wheele une ou deux communes noires décentes. Les signaux sont faibles, mais le noir, le rouge et le vert semblent à peu près ouverts. Le blanc nettement plus, seulement j’ai tout passé, notamment une Siona et deux Daybreak Chimeras qu’un de mes voisins de gauche a dû récupérer. A la fin du pack 1, rien n’est très clair, mais je dois probablement jouer BG Escape ou BR – éventuellement BW à forte base noire en comptant sur le pack 3 pour les cartes blanches.

On m’a fait comprendre par la suite que Javier avait switché sur le noir au pack 2, pourrissant mon draft, mais à y regarder de plus près, ce n’est pas vraiment ce qui s’est passé. Bien que je n’approuve pas son dédain pour les puissantes cartes blanches du pack 1, une fois arrivé là il est très respectable de prendre la première Final Death pour le splash. La deuxième Final Death et l’Inevitable End auraient dû arriver jusqu’à moi, mais dans l’ensemble je me suis surtout fait couper le vert au pack 2, ce qui était prévisible après ce que j’avais passé, et quand il s’est avéré au pack 3 que la couleur n’était pas non plus ouverte de ma droite (j’aimerais pouvoir jeter un œil sur les picks de Chris pour le comprendre ?), j’ai été puni de rester dessus plutôt que de passer BW ou BR. Un choix néanmoins difficile, parce que le vert m’avait paru vraiment ouvert au pack 1 et qu’il l’était un peu au début du pack 3, donc il était très tentant de céder au biais de confirmation.

En termes de picks précis, j’aurais par exemple dû prendre Lampad of Death’s Vigil au-dessus de Minion’s Return, dont la principale fonction était de comboter avec mes deux Acolytes, ou bien Archon of Falling Stars au-dessus du faiblard Enemy of Enlightenment (encore que si j’avais pris Archon, Minion’s Return se justifiait encore davantage et je pouvais envisager de splasher vert dans BW). Peut-être aussi Captivating Unicorn au-dessus de Scavenging Harpy, jamais très excitante, mais à ce stade je ne considérais même plus le blanc. Au pack 3, j’aurais récupéré une Taranika, une Daybreak Chimera et un Rise to Glory et abouti à un meilleur deck.

En dépit de ce switch manqué, le produit fini n’a rien d’affreux et je crois qu’il a été fortement sous-évalué par le coverage. Son principal défaut est de trop dépendre de Thassa’s Oracle pour le kill, faute de bête Escape, mais il a amplement assez de fixing pour le lancer en late game, de quoi le remonter du cimetière et tout ce qu’il faut comme removals pour tenir jusque là. Malgré leurs rares, les autres decks du pod ne font pas rêver et j’ai essentiellement perdu sur Kiora Bests the Sea God et Thassa, deux bombes qui malheureusement échappaient à mes removals.

A regarder les autres decks, j’étais probablement derrière contre PV et son plan go wide avec Reverent Hoplite + Phalanx Tactics, mais devant Javier, Eli et Mattias. En termes de positionnement, j’aurais aimé affronter plus de decks aggro ou à base de créatures et moins de contrôles réactifs… ce que je me suis tapé aux trois rondes.

Le match contre Andrea se joue à sa game loss et à un gros punt de sa part en G2, gaspillant une Inevitable End pré-combat avant d’aller trader avec la créature enchantée. Puis je perds contre Chris deux games serrées et contre Raph sur la saga bleue craquée, piochée dans le top15 de sa bibliothèque aux trois games. Le match-up n’était pas bon, mais pas si atroce qu’il en a eu l’air… J’arrache la 2 grâce à Enemy of Enlightenment, sidé en tant que condition de victoire supplémentaire, qui l’empêche de lancer sa bombe juste assez longtemps pour franchir la ligne d’arrivée.

Coverage de la G3 : https://www.twitch.tv/videos/551921757?t=03h43m40s

Forces et limites de Temur

Decklists de construit ici : https://magic.gg/events

Temur Reclamation

Terrains (27)
Breeding Pool
Stomping Ground
Temple of Epiphany
Temple of Mystery
Island
Mountain
Forest
Castle Vantress
Fabled Passage
Temple of Abandon
Steam Vents

Enchantements (4)
Wilderness Reclamation

Créatures (7)
Brazen Borrower
Uro, Titan of Nature’s Wrath

Instant / Sorcery (22)
Thassa’s Intervention
Opt
Mystical Dispute
Storm’s Wrath
Negate
Chemister’s Insight
Growth Spiral
Expansion // Explosion
Sideboard (15)
Aether Gust
Mystical Dispute
Scorching Dragonfire
Negate
Fry
Chandra’s Pyrohelix
Legion Warboss
Niv-Mizzet, Parun

J’avais globalement peu testé le construit pour ce tournoi. Regrettable, mais je n’ai jamais vraiment su faire deux choses à la fois et la deadline avait été placée trois jours à peine après le Players Tour Bruxelles, de sorte que ma préparation en Draft et Pioneer avait un peu éclipsé celle en Standard. Une fois revenu de Belgique, j’ai fait le maximum pour rattraper mon retard avec l’aide de Théo Moutier et Thierry Ramboa, me fixant sur Temur Reclamation pour sa solidité et y apportant quelques innovations.

Je ne vais pas faire un breakdown complet de l’archétype, juste expliquer les points d’inflexion majeurs par rapport aux listes qui tournent online et vous donner les plans de side de la mienne.

Moins de Thassa’s Interventions ?

La flexibilité a du bon, mais Intervention s’apparente souvent à un mauvais contresort… parce qu’on refuse de s’en servir comme d’un mauvais piocheur. J’en ai joué une par crainte d’avoir tort plus que par conviction et je pense que Mystical Dispute et Chemister’s Insight brillent plus dans leurs rôles respectifs.

Pour aller plus loin, le deck génère naturellement du card advantage parce que son kill se double d’un piocheur et les gens ont la main trop lourde sur ce genre d’effets. Gadwick, Krasis encombrent les mains et forcent à se tap out en rituel, une stratégie inefficace dans les match-ups bleus où l’on peine à résoudre Reclamation en premier lieu.

Opt vs Omen of the Sea

Ne pas jouer le carré d’Opts est juste une erreur. La carte fluidifie les sorties, augmente la fréquence des god draws Growth Spiral dans Reclamation ou Storm’s Wrath, et contribue à alimenter Uro. Il s’agit cependant plus d’un éloge d’Opt que d’une critique d’Omen et le 1-of Intervention pourrait en devenir un.

Storm’s Wrath*4

La carte a peu de très bons match-ups, mais elle nous sauve en G1 contre monored sans pour autant être morte contre UW, où elle forme avec Brazen Borrower un cross-up pour gérer Teferi quelle que soit sa loyauté. Descendre à 3 peut s’envisager au profit d’un Scorching Dragonfire MD.

Plans de side

On n’insistera jamais assez dessus, ces ins/outs ne doivent pas être pris à la lettre et la philosophie qui les sous-tend a beaucoup plus d’importance.

Monored

+4 Scorching Dragonfire, +3 Aether Gust, +1 Chandra’s Pyrohelix, +1 Niv-Mizzet, Parun

-3 Wilderness Reclamation, -2 Mystical Dispute, -2 Chemister’s Insight, -1 Negate, -1 Expansion//Explosion

La combo est trop lente, on se repose sur Uro pour le kill et on les ralentit le plus possible en attendant. Attention à ne pas cracher ses removals trop tôt, cette incarnation de Monored dispose de peu de reach et on est prêt à prendre quelques points pour attraper les créatures les plus menaçantes.

UW Control

+2 Mystical Dispute, +2 Negate, +1 Fry, +1 Legion Warboss, +1 Niv-Mizzet, Parun

-4 Storm’s Wrath, -1 Uro, Titan of Nature’s Wrath, -2 Wilderness Reclamation

L’influence de Teferi force paradoxalement à jouer le plus possible à instant speed, pour que jamais il ne se résolve. La menace de Wilderness Reclamation importe plus que de l’avoir réellement en main, d’où le cut partiel.

Temur Mirror

+1 Mystical Dispute, +2 Negate, +2 Aether Gust (+3 draw), +1 Niv-Mizzet, +1 Legion Warboss (play)

-4 Storm’s Wrath, -1 Uro, Titan of Nature’s Wrath, -2 Wilderness Reclamation

Ce match-up est très similaire au précédent dans sa dynamique, sauf que c’est Reclamation dont on doit à tout prix retarder la résolution.

Passé un certain stade, Mystical Dispute devient morte et elle n’a pas de très bonne cible en early game, donc on n’en veut à mon avis pas autant que contre UW.

Jeskai Fires

(Play)

+3 Scorching Dragonfire, +2 Mystical Dispute, +1 Fry, +2 Negate, +1 Niv-Mizzet

-3 Storm’s Wrath, -4 Brazen Borrower, -1 Wilderness Reclamation, -1 Expansion // Explosion

(Draw)

+4 Scorching Dragonfire, +2 Mystical Dispute, +1 Fry, +1 Niv-Mizzet, Parun +1 Aether Gust

-2 Storm’s Wrath, -2 Wilderness Reclamation, -3 Brazen Borrower, -1 Chemister’s Insight, -1 Expansion // Explosion

Le sideboarding dans ce match-up se veut extrêmement dynamique, dépendant du plan de side adverse. S’ils ont des Tithe Takers, Negate perd en valeur au point de devenir inutilisable sur la draw. S’ils ont deux early drops différents (Robber of the rich + Legion Warboss ou Tithe Taker + Legion Warboss), le carré de Dragonfires s’impose car on perdra surtout les games courtes et tempo-oriented. Brazen Borrower fait le café pré-side, mais souffre de l’abaissement de la curve de Jeskai et d’une quantité d’interaction telle que ralentir l’adversaire ne suffit plus. On aimerait un deuxième Fry pour gérer Teferi, time traveller sans lui.

Jund Food

+4 Scorching Dragonfire, +1 Niv-Mizzet, Parun, +3 Aether Gust

-2 Storm’s Wrath (-1 draw), 4 Brazen Borrower, -2 Mystical Dispute, -1 Negate (draw)

Seul match-up qui se joue réellement au grind, Jund nous avantage, mais attention aux Agonizing Remorse et Thrashing Brontodon bien placés. Korvold, Fae-Cursed King peut également constituer une condition de défaite rapide quand on n’est pas installé.

Ma version de Temur Reclamation a correctement performé sur le tournoi : 5-3 en matchs avec une défaite contre le Jund Food de Piotr (trois Agonizing Remorses et deux Trashing Brontodon G1, suivis d’un mulligan à 5) et deux sur trois contre le Monored de Sebastian Pozzo. J’ai joué trois fois en caméra contre

Les deux premiers liens vous aideront peut-être à comprendre comment aborder ces match-ups. Le troisième mène vers une game mal négociée, après une heure de lutte intensive où je me suis contorsionné pour tourner avec plus ou moins de succès autour d’Infuriate, et où je finis par l’encaisser salement sans pouvoir y faire grand-chose. Il aurait fallu cependant rester up avec Brazen Borrower au tour 3 pour bouncer Anax, Hardened in the Forge .

Cela va peut-être vous surprendre, mais je ne recommande pas Temur Reclamation pour la suite de ce standard. Le match-up Monored me plaisait bien quand les listes jouaient Shock et pas Robber of the Rich ; il restait supportable en decklists publiques pour pouvoir plus ou moins mulliganer dans Storm’s Wrath ; sans ces deux avantages, on redevient vite le deck combo plein de shocklands, qui malgré tout le skill du monde frôle péniblement la barre du 50-50 (sachant que la moindre erreur peut vous être fatale).

Parallèlement, UW a aussi empiré, jouant davantage à instant speed, si bien qu’il est devenu moins facile d’exploiter sa rigidité.

Si vous comptez jouer Temur, je me garderais de toucher aux carrés qui forment le cœur du deck, mais il peut y avoir un edge à gagner dans le sideboarding en explorant d’autres conditions de victoire, comme Spectral Sailor ou Brineborn Cutthroat contre UW, ou encore Hydroid Krasis contre Monored et Fires, voire en miroir. C’est le genre de carte qui prend son sens post-side, quand on cherche moins à comboter et plus à contrôler la partie.

Merci à vous qui avez cru en moi, et qui auriez mérité davantage. 😉 

A la prochaine fois… j’espère.

2 Comments

  • J’avais mis ma
    Pièce sur toi mais je n’ai pas été decut pour autant de ton parcours. Merci pour ce retour d’exp c’est très enrichissant pour le petit joueur amateur du dimanche que je suis 🙂

    Chpousseux
    Posted 23/02/2020
  • Et merci beaucoup pour les coulisses de cet événement massif. Qu’est-ce que c’est technique ! Mais tellement plus clair avec toutes ces explications ! Bravo pour le parcours.

    Bird_of_gold
    Posted 24/02/2020

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